jeudi 25 août 2016

dimanche 21 août 2016

Con destino a San Rafael (Mendoza) [à l'affiche]

Nota bilingüe


Sigue la gira por Cuyo.
Estos lunes y martes 22 y 23 de agosto del 2016, en el marco del Bicentenario de la Independencia, brindaré dos charlas en la ciudad de San Rafael (Mendoza), la primera sobre Mercedes de San Martín y su familia en Francia (en el bicentenario de su nacimiento en Mendoza), la segunda sobre la metodología histórica y unos aportes originales que hice en la documentación de la vida del prócer. Estas charlas-debates están organizadas por la Alianza Francesa de San Rafael.
Actividades en castellano, abiertas a toda la comunidad.
Entrada libre y gratuita.

Para saber más, hacer clic en los links siguientes:

Mon prochain passage à San Rafael s'annonce déjà dans la presse locale, Uno San Rafael a en effet publié l'annonce du programme dans un article du 18 août (à lire pendant qu'il est encore en ligne).
Dans cette ville du sud de la Province de Mendoza, je ferai deux interventions, l'une sur la vie de la fille du général José de San Martín dont le grand public, en Argentine comme ailleurs, sait peu de choses et sur laquelle très peu d'historiens se sont penchées (et pourtant quelle vie intéressante du point de vue historique), l'autre sur la méthodologie de lecture et de critique des documents et sur les contributions nouvelles que j'ai apportées à la connaissance de la vie du plus grand héros de l'indépendance argentine.

Voir également le communiqué de la faculté des sciences appliquées à l'industrie (Université nationale de Cuyo) et l'annonce parue dans Wherevent, le "pariscope" en ligne de San Rafael.

samedi 20 août 2016

Le tango en grand deuil : Horacio Salgan n'est plus [Actu]

Un des pages culturelles de Pagina/12 ce matin

Pendant cette tournée que j'effectue dans le Gran Guyo, le temps me manque pour lui rendre hommage comme il conviendrait à son immense talent de pianiste, de compositeur, d'arrangeur et de chef d'orchestre ! Le Maestro Horacio Salgan, dont nous avions salué le centenaire il y a quelques mois, vient de s'éteindre à Buenos Aires.


Les mots manquent pour saluer cette figure historique du tango, l'un des tout premiers créateurs à s'être affranchis des contraintes du bal pour élever le genre à une musique de très libre création, quelque temps avant que Piazzolla choisisse le même chemin.


On doit à Salgan des chefs d'oeuvre courts comme l'immortel A fuego lento (à petit feu) et les premières longues pièces, comme Oratorio Carlos Gardel, composé sur un livret de Horacio Ferrer, dont le souvenir continue à briller, lui aussi, au firmament tanguero.

Et pour une fois, c'est La Prensa qui fait le plus de place à l'événement dans sa une de ce matin.


Pour aller plus loin :
lire l'article principal de Pagina/12 (qui consacre au musicien une bonne partie de son supplément culturel de ce jour)
lire également (tant qu'il reste en ligne) l'article de Los Andes de ce matin (groupe Clarin, mais à Mendoza, où je me trouve actuellement et je n'ai même pas eu ce matin le temps de jeter un coup d'oeil sur la devanture des kiosques à journaux).

mercredi 17 août 2016

Nota radial en este Dia de San Martin [à l'affiche]


Esta mañana, hora argentina, a las 9:30, el 17 de agosto del 2016, Laura Puglia me hara una nota en Mdz Radio 105.5 FM (estudios en Guaymallen, Menodoza). Nota por telefono desde la sede de Alianza Francesa en vivo (castellano con ortografia rara debida al equipo de viaje de configuracion francesa)

Aujourd'hui, à 9h30, heure argentine, nouvelle interview téléphonique depuis l'Alliance Française de Mendoza, qui m'invite. L'interview en direct passe sur Mdz Radio, qui s'écoute aussi en ligne.

Mdz Radio dispose d'un site Internet et d'une page Facebook.

lundi 15 août 2016

Próxima nota en Radio Nacional Libertador en Mendoza [à l'affiche]

Nota bilingüe


Héctor Luna, de Radio Nacional Libertador en Mendoza, agendó hacerme una nota en su programa de la mañana, de las 11 a la 12, el 18 de agosto del 2016.

Se puede escuchar en linea a través de varios medios, en particular su página Facebook y el portal Radioarg.com.


Mon prochain rendez-vous à la radio pour une interview en espagnol :
ce sera à Mendoza, le 18 août 2016, dans le cadre de ma tournée de conférences organisée dans les cinq villes de Cuyo où l'Alliance Française, dont c'est l'initiative, est implantée. Je participerai à l'émission de fin de matinée, de 11h à 12h, celle de Héctor Luna, dans cette station locale de Radio Nacional qui a, de toute évidence, trouvé la signature pluraliste qui lui a manqué cruellement et jusqu'à la caricature sous les trois présidences Kirchner, de 2003 à 2015. Et l'Argentine s'en porte bien. Dans leur majorité, les Argentins apprécient cette ouverture et cette diversité. Ce matin, j'ai eu la surprise de voir s'exprimer au journal télévisé public du matin le très kirchneriste et très revisionista historiographe Pacho O'Donnel, au sujet de ce jour férié qui commémore la mort du Général José de San Martín, le Padre de la Patria.

On peut écouter Radio Libertador (qui tient son nom d'un des titres de San Martín) sur son site Internet (par streaming), sur sa page Facebook et sur un portail où l'on trouve toutes les radios argentines (radioarg.com).

Se larga la gira de charlas por Cuyo en la ciudad de San Juan [à l'affiche]

Nota bilingüe

El lunes 15 de agosto, feriado por el fallecimiento del General San Martin, en la hermosa ciudad de San Juan, brindaré mi primera charla de esta gira 2016 (este año en todo Cuyo, gracias a las Alianzas Francesas de cinco ciudades, San Juan, Mendoza, San Rafael, San Luis y Villa Mercedes, que me invitaron).


Disertaré en la Celda Historica del Convento de los Dominicos, Laprida 57, a las 18.
Entrada libre y gratuita, actividad para la comunidad.
Les esperamos a los sanjuaninos.

La charla tendra como eje al propio San Martin como a Sarmiento, quien escribio un texto famoso sobre los dos libertadores de America del Sur, del cual hallé el original, una exposicion en francés y publicada en Francia en 1847, entre otros aportes interesantes del sanjuanino a la documentacion francesa del siglo XIX (el documento aparece en mi libro San Martin par lui-même et par ses contemporains, cuya tapa se puede ver en el afiche de Alianza Francesa de San Juan).


Al dia siguiente, después de visitar el Archivo General de la Provincia, viajo con destino al Sur, a Mendoza, donde podré hablar sobre Mercedes de San Martin en el bicentenario de su nacimiento en aquella ciudad (exactamente el 24 de agosto del 1816).

Programa completo de la gira haciendo clic en el link.

* * *

Lundi 15 août, jour férié dans toute l'Argentine pour marquer l'anniversaire de la mort de San Martin, le 17 août 1850 en France, à Boulogne-sur-Mer, je donnerai une conférence sur le Libertador et sur l'un de ses premiers analystes argentins, Domingo Faustino Sarmiento (1811-1888), l'une des plus grandes figures de cette belle de San Juan par laquelle je commence la tournée 2016 de conférences en Argentine. En effet, Sarmiento, natif de cette ville, a publié en France un texte dont la version en espagnole est une véritable légende en Argentine. Mais le texte original, que j'ai eu l'occasion de retrouver dans les archives de la BNF, a été rédigé en français et dans un niveau de langue littéraire d'autant plus appréciable que l'auteur était un autodidacte. De génie, cela va sans dire. Le mémoire original est cité dans les annexes de mon livre, San Martin par lui-même et par ses contemporains, sorti aux Editions du Jasmin, en France.

La conférence se tient au couvent des dominicains, rue Laprida 57, où San Martin avait l'habitude de s'arrêter lorsqu'il visitait ce village à l'époque de son gouvernorat (1814-1816) lorsqu'il préparait la libération du Chili dont on fêtera l'année prochaine le bicentenaire. Dans ce bourg de San Juan, San Martin disposait d'un collaborateur exceptionnel, qui menait de dangereuses opérations d'espionnage dans le camp absolutiste au Chili. Ce précieux soldat n'était autre que le propre père de Sarmiento...

Après cette conférence et une visite supplémentaire aux Archives provinciales, pour mieux découvrir cette ville d'une grande importance historique et d'une belle dynamique culturelle, en route, au propre et au figuré, pour Mendoza, la deuxième étape de mon "Tour de Cuyo" en bus (non, je ne le fais pas à vélo !)

vendredi 12 août 2016

Aujourd'hui, 210ème anniversaire de la Reconquista [Coutumes]

La capitulation britannique, par un peintre largement postérieur
En ce 12 août, Buenos Aires fête le deux-cent dixième anniversaire de la Reconquista, la victoire des Portègnes contre le corps expéditionnaire britannique, commandé par le général Beresford, sous l'impulsion de Francisco de Miranda, qui fut très surpris et blessé de constater que les Britanniques avaient tenté de s'emparer d'un morceau de l'Empire colonial espagnol alors que dans sa stratégie, ces corps expéditionnaires envoyés à Buenos Aires au sud et à Caracas au nord devaient aider à libérer le sous-continent du joug espagnol.

Les troupes régulières ayant quitté la ville pour accompagner le vice-roi parti mettre le trésor royal à l'abri à Cordoba, les civils portègnes s'étaient rangés sous les ordres du capitaine du port de Buenos Aires, un certain Jacques de Liniers, natif de Niort, en France, dont l'exploit allait lui valoir d'être nommé vice-roi par le tribunal de Buenos Aires (audiencia). Le premier et le seul vice-roi d'Espagne à avoir été nommé sous la pression des habitants de la colonie plutôt que par le Roi à Madrid. Le héros de la résistance a laissé son nom à un quartier de Buenos Aires.

Une messe sera célébrée ce matin à la Basilique du Rosaire (Santo Rosario), au couvent dominicain de la ville, à 10h30, en présence de représentants des corps constitués et d'un important détachement du régiment des Patricios, créé à cette occasion par Liniers et commandé un temps par Manuel Belgrano en second, le tout premier régiment de la future Argentine. Ces fantassins seront présents dans leur bel uniforme de parade qui date de la création ; vareuse azur, pantalon blanc et ceinture rouge, plus le haut de forme à aigrette. Les régiments britanniques n'ont qu'à bien se tenir. Au rayon de l'allure, ce n'est pas toujours eux qui gagnent.

Jacqueline Sigaut continue son cinéma [à l'affiche]


La chanteuse Jacqueline Sigaut reprend chez elle deux films qu'elle a déjà projetés dans le cadre de ses invitations à domicile... Mes fidèles lecteurs, que j'abandonne un peu trop ces jours-ci (pour cause d'agenda ultra-chargé à Buenos Aires et bientôt dans trois provinces du Far-West argentin), connaissent la formule. Il faut s'inscrire d'avance (tout est écrit sur l'affiche ci-dessus).

dimanche 7 août 2016

Premières impressions dans l'"Argentine nouvelle" [Chronique d'Argentine]

Le premier choc se produit à l'aéroport d'Ezeiza où, sur les grands écrans qui diffusent de l'information dans les zones d'attente, comme la police aux frontières (migraciones) ou les salles d'embarquements que surplombe le voyageur en sortant de l'avion, on voit défiler une publicité pour Total (la même que partout ailleurs, avec la même dose de mauvaise foi sur le souci de l'écologie et du développement durable) là où l'ancien gouvernement balançait une publicité YPF (et la réussite de la récupération par l'Etat du pétrolier local) ou vantait ses investissements faramineux dans les infrastructures, à commencer par cet aéroport international... Ont disparu aussi les avertissements concernant les produits dont l'entrée sur le territoire était interdit : fromages, charcuteries (tout ça, c'est des microbes potentiels, comme pour l'administration des Etats-Unis), graines de toutes sortes, plantes vivantes, fruits et légumes, etc. Toute une liste, un peu trop détaillée, qui semblait manifester l'intérêt du gouvernement pour la préservation de l'éco-système du pays. J'entends dire aujourd'hui qu'il n'en était rien et qu'il s'agissait d'abord et avant tout de mettre la main sur ces échanges (au demeurant très lucratifs) pour y prélever une dîme, les entreprises auxquelles étaient confiées ces commerces ayant partie liée avec les membres du Gouvernement. J'avais déjà entendu parler de ce type de dispositions mais c'était en France, dans le secteur de la défense et de l'industrie lourde, et à propos d'équipements des forces armées (armement, logistique et même, c'était plus difficile à croire mais bien réel cependant, consommables de bureau). Je n'avais encore jamais entendu tenir ce type de propos ici, à Buenos Aires, même si j'avais pu en lire quelque chose dans la presse d'opposition (La Nación, notamment).

Deuxième surprise : les abords de l'autoroute qui conduit à la capitale ont été nettoyés et présentent une apparence proprette. Ont pratiquement disparu des parois tous les affichages politiques sauvages et les graffitis nombreux, tant kirchneristes que macristes. Tout ce qui pouvait supporter affiche ou tag était autrefois bon pour le service : piliers de pont, murets de sécurité, murs d'enceinte de tout et n'importe quoi qui se trouvait à portée de lecture des automobilistes. Cette année, je n'ai plus vu qu'un mur, sans doute privé, qui porte encore, en caractères gigantesques et multicolores, le nom de la gouverneure de la Province, Maria Eugenia Vidal.

Autre constatation : les prix des produits de consommation courante sont restés très raisonnbles, contrairement aux cris alarmistes qu'on peut lire dans la presse. Les fruits et légumes, la viande au marché (je n'ai pas vérifié dans les rayons des supermarchés où il ne m'arrive presque plus jamais d'acheter mon steak), les yaourts (un produit cher, pourtant), le fromage industriel, la sacro-sainte yerba mate sont restés à peu près au même niveau que l'année dernière. Chez mon boucher préféré du marché de San Telmo, le bife ancho (une découpe proche de notre entrecôte) est à 120 $ ARG le kilo, il devait être à 110 ou 115 l'année passée. Le sachet de 500 gr de yerba mate qui se vendait 56 $ l'année dernière est aujourd'hui à 60 $, et je parle là de commerces en plein centre-ville de la capitale, donc parmi les prix les plus élevés du pays. Les yaourts se vendent toujours par deux, au prix d'environ 17 ou 18 $ le pack ou 32, quand on trouve un pack de 4. Et ils continuent à se vendre à l'unité. Si l'on ne trouve toujours pas de yaourt nature, le choix des parfums s'est enrichi : on trouve maintenant six à sept goûts différents (tous artificiels, rassurez-vous !), dont l'éternelle fraise (frutilla) et le non moins éternel dulce de leche. L'Argentine ne connaît toujours pas le yaourt au chocolat ou au café. Petite nouveauté gustative : j'ai trouvé ce matin le yaourt firme sabor frutilla vraiment très ferme. Il avait la consistance d'un flan. Inhabituel. Un coup d'œil sur la composition m'a tout révélé. La Serenisima, la marque que j'avais achetée (il n'en existe pas plus de trois, dans les grandes et moyennes surfaces), est passée récemment entre de nouvelles mains et la recette a changé : l'usine ajoute maintenant de l'amidon modifié dans sa mixture !

Chez le boulanger-pâtissier, pas de grosse surprise non plus : la viennoiserie (factura) est à la même hauteur que l'année dernière, dans les deux boutiques que j'ai déjà pu visiter, le pain aussi et les empanadas (chaussons fourrés salés) sont aux alentours de 15 $ l'unité (elles étaient entre 14 et 18 en fonction des commerçants il y a un an).

Dans le centre historique de Buenos Aires où j'ai la chance de loger, la propreté a fait quelques progrès. Le Portègne ramasse désormais les déjections de son toutou adoré (il semblerait qu'on ait durci les poursuites contre les incivilités), les gardiens d'immeuble balayent leur bout de trottoir. Il reste toutefois des zones où les sacs plastiques et de peu ragoûtants détritus tapissent le trottoir, où le dallage est éventré mais la signalisation des rues s'est nettement améliorée : presque toutes les voies ont désormais leur plaque indicative, pour ce que j'ai déjà vu à Monserrat et à San Telmo, et sans sponsor au-dessus (c'est donc la ville qui fait seule sa propre signalétique sur son propre budget et il n'est pas interdit de penser que la guéguerre entre Mauricio Macri à la tête de Buenos Aires et Cristina Kirchner à celle de l'Etat national empêchait la ville de déployer sa politique comme elle l'entendait, d'où cette signalétique déglinguée qui causait un tort considérable, notamment au tourisme individuel ou en petits groupes).

Pour la première fois, je me trouve en Argentine pour la San Cayetano, la fête du saint patron du pain et du travail qui se célébre tous les 7 août (San Cayetano n'est autre que notre saint Gaétan de Thienne)... mais San Cayetano de Liniers se trouvant de l'autre côté de la ville et mon programme du jour étant chargé, je suis allée à la messe au très central et très historique Santo Rosario, où les pères dominicains fêtent de leur côté les jours culminants du jubilé de leur fondateur (comme partourt ailleurs dans le monde). En sortant de l'église, pour faire une course, j'ai dû monter jusqu'à Plaza de Mayo, ce qui n'est pas ma promenade favorie le dimanche midi et là, je suis tombée sur la San Cayetano syndicale et politique. A gauche toute ! Beaucoup de bruit et de fumée, celle des barbecues installés à même la rue, la grille à 15 cm au-dessus du bitume et les saucisses crues de porc (chorizo) pendues dans des sacs en plastique sur un pan de mur que venait frapper un rayon de soleil. Pour la sécurité alimentaire, nos militants de gauche ont encore des progrès à faire ! Le pain lui non plus n'avait pas fraîche allure, lui qui devrait être le roi de la fête et est l'indispensable ingrédient du casse-croûte populaire par excellence, le choripan (chorizo y pan). Délicieux quand c'est bien fait !
Les amplis, poussés à fond, diffusaient de la musique pop. Les banderoles attendaient leur heure, sagement couchées sur le pavé. Les tentes affichaient les sigles des syndicats, j'ai vu beaucoup de CTA (le syndicat jusqu'auboutiste, l'équivalent de Sud en France qui veut instituer partout le rapport de force entre les salariés et le patronat) et de CGT, laquelle reste très divisée depuis la rupture, il y a quatre ans et des poussières, entre Cristina Kichner et Moyano, le leader syndicaliste qui a, depuis, rallié Cambiemos. Le tout sous le regard de forces de l'ordre plutôt placides et bien moins inquiétantes que sous Cristina où les flics faisaient vraiment peur, par leur allure et la disposition des effectifs sur la place mais il n'était tout juste que midi à peine passé. Il restait encore du temps avant que la manifestation prévue cette après-midi s'ébranle sur Avenida de Mayo. Une chose m'a frappée : beaucoup de visages métissés, beaucoup plus qu'autrefois dans les manifestations de gauche, les fameuses caras sucias (on aurait dit les "gueules noires" en pays minier, à ceci près que l'expression argentine revêt une connotation raciste, anti-amérindienne que nous ne connaissons pas en Europe). Cette présence soutenue (parce que proportionnelle sans doute) signifie sans doute deux choses : parmi les plus mécontents, il y a sans doute beaucoup d'immigrés boliviens et péruviens qui, de toute manière, n'ont pas le droit de vote (ce sont eux qui occupent les pires situations de travail dans le pays, hier comme aujourd'hui) et sous la fracture sociale existe bel et bien une fracture raciale, qui est un mauvais présage parce qu'il sera difficile de vaincre le racisme et la xénophobie si le Gouvernement ne les fait pas régresser tout de suite.

Ce matin, sur le tournant pris par le pays, j'ai pu avoir une conversation très intéressante avec une personne appartenant aux classes laborieuses. Rien à voir avec les universitaires sanmartiniens ou belgraniens ou les responsables proches des institutions de la défense qui sont mes premiers interlocuteurs à dire du bien de l'alternance récente. J'ai trouvé cette jeune femme beaucoup plus épanouie que l'an passé. Elle a minci (ce qui est sans doute le signe qu'elle peut s'occuper un peu plus d'elle-même et qu'elle subit moins de stress) et elle a gagné en sérénité. Elle m'a raconté qu'elle gagnait mieux sa vie qu'auparavant, qu'il lui suffisait désormais de travailler 8 heures par jour, six jours sur sept, pour faire face à ses modestes encours : loyer, nourriture, vêtements, transport et un peu de loisirs. Alors qu'elle enchaînait deux postes et demi de travail tout au long de l'année jusqu'en décembre dernier. Mais maintenant elle travaille légalement, elle est déclarée par ses patrons et elle attribue (à tort ou à raison) cette amélioration à la plus grande exigence de l'administration qui veille au respect de la loi (ce qui coïnciderait avec des formules souvent répétées par Mauricio Macri).

Au cours de ce séjour qui me conduira à voir un peu l'Intérieur du pays (pour autant que mon agenda chargé m'en laissera le loisir sur place), j'espère avoir la possibilité de me rendre compte un peu mieux par moi-même si l'impression de respiration plus large que me laissent ces deux premières journées à Buenos Aires se confirme et correspond ou non à une réalité majoritaire.

En tout cas, pour Página/12, cette San Cayetano est le signe de l'échec du gouvernement et de la malignité de son programme économico-politique et Hebe de Bonafini est son héroïne, elle qui vient d'obliger un juge à se déplacer jusqu'au siège social de Madres de Plaza de Mayo pour l'entendre en audition car la dame refuse de se rendre aux convocations qui lui sont adressées dans le cadre de l'instruction en cours pour l'emploi frauduleux des subventions publiques dans un programme de construction de logements sociaux qui s'est effondré dans le scandale il y a déjà quelques années sans qu'elle ait jamais été inquiétée (sous Cristina) alors qu'elle est à la tête de l'association commanditaire. Il est pour le moins suspect de voir ce quotidien réclamer ainsi un traitement de faveur pour une dame que son grand âge n'autorise pas à faire fi des règles de la démocratie...

mercredi 3 août 2016

Mis charlas en la Argentina : San Martín, su hija, la tradición oral... [à l'affiche]

Nota bilingüe
Article bilingue

Para cumplir con la tradición argentina, me queda aun algo de improvisación para aguantar, lo más difícil para nosotros, los franceses. No obstante, acá estamos. ¡Listo!

Mercedes de San Martín y Escalada de Balcarce
(24 agosto del 1816 en Mendoza - 28 de febrero del 1875 en París)
Foto de París circa 1862

En el Gran Buenos Aires, jornada en el Instituto Adolfo Alsina de Claypole, para festejar con los alumnos de primaria y segundaria el Bicentenario de la Independencia con exposiciones sobre San Martín, el miércoles 10 de agosto. Actividad reservada a los alumnos.

Convento de Santo Domingo (San Juan)

En San Juan (San Juan):
13 de agosto, a las 18: encuentro con el equipo de la Fiesta del Sol (actividad reservada a las autoridades, integrantes del equipo y artistas invitados)


15 de agosto, a las 18 : charla en la sala capitular del Convento de Santo Domingo, Laprida 57 (actividad libre y gratuita, abierta a toda la comunidad).
La charla tendrá como tema central a Domingo Faustino Sarmiento en sus relaciones con San Martín en París.
Expondré sobre un hallazgo personal, es decir la versión original, que escribió en francés, de su famoso discurso sobre San Martín y Bolívar, y subiremos en el tren con Alberdi y Sarmiento destino a Grand-Bourg (esta linea de ferrocarril que tan bien nos describió Alberdi en sus notas del 1843 en Francia). Una parte de la charla se consagrará a recordar a doña Mercedes de San Martín y su familia con motivo del bicentenario de su nacimiento el 24 de agosto del 1816. Cómo fue su vida en Europa después de fallecer el padre y otros temas sobre esta familia...
Organiza la Alianza Francesa de San Juan que tiene Web y Facebook.


En Mendoza (Mendoza):
16 de agosto, a las 20:45: Vigilia Sanmartiniana, función de música, baile y canto de Omar Hernández, en el Teatro de la Compañía, esquina San Martín y Gutemberg. Me entragarán la distinción Vigilia Sanmartiniana por mi "aporte desde las letras y la investigación, de la figura y obra del Lib. Gral. San Martin"
Igual estara distingudo Daniel Agüero, ultimo timonel del ARA Belgrano.
17 de agosto, a las 10:30: exposición a los alumnos del Colegio San Andrés
17 de agosto, a las 11:30: invitada en el acto del Día de San Martín en el Colegio San Andrés.


17 de agosto, a las 19:30: charla en la Biblioteca Pública General San Martín, avenida Remedios de Escalada de San Martín 1843.
Expondré sobre Las Máximas para mi hija en su contexto de la Bruxelas del 1825 y la vida de la hija del Libertador en Europa. Críticas de los documentos históricos y montaje visual con grabados y estampas de la época. Actividad libre y gratuita para toda la comunidad.
Organizan la Alianza Francesa y la BPGSM, con el respaldo de la Asociación Cultural Sanmartiniana de Mendoza.
Varios de mis libros se encuentran desde el año pasado en la biblioteca de la Alianza Francesa.
Los que entregué en el 2014 a la entonces ministra de cultura provincial, en manos propias, nunca llegaron a la Biblioteca Pública General San Martín, uno de esos comportamientos desprolijos que lamentamos todos los ciudadanos honrados del planeta.



En San Rafael (Mendoza):
22 de agosto a la mañana, rueda de prensa a cargo de la Alianza Francesa con participación de la presidenta de la Asociación Cultural Sanmartiniana de San Rafael
22 de agosto, a las 18:30, charla en la Facultad de Ciencias Aplicadas a la Industria, Bernardo de Irigoyen, 375, sobre Mercedes de San Martín y su familia, la infancia en Mendoza, luego en Bruselas y después del fallecimiento del padre, su vida adulta en Europa.
Documentos históricos, montaje visual de grabados y estampas y planteamientos metodológicos. Actividad libre y gratuita, abierta a toda la comunidad.
Organiza la Alianza Francesa con la Facultad y con el respaldo de la Asociación Cultural Sanmartiniana de San Rafael.
23 de agosto, a las 16, una segunda charla acerca de San Martín, sobre nla metodología histórica y los documentos nuevos que encontré en la documentación en idioma galo.
En la sede de la Alianza Francesa. Entrada libre y gratuita.
Organiza la Alianza Francesa, que tiene Web y página Facebook.

En San Luis (San Luis):
24 de agosto, a las 11: rueda de prensa organizada por la Provincia y la Alianza Francesa (para saber más, esperar la comunicación oficial por Cultura provincial y Alianza Francesa de San Luis)
24 de agosto, a las 16: charla sobre la tradición oral de los cuentos en la Argentina, homenaje a Berta Elena Vidal de Battini, sala Berta Elena Vidal de Battini.
El trabajo de Vidal de Battini es la fuente de los cuentos que adapté al idioma galo en Contes animaliers d'Argentine, Editions du Jasmin.
Entrada libre y gratuita. Actividad abierta a la comunidad.
25 de agosto : visita del Monumento al Pueblo Puntano de la Independencia
25 de agosto, a la tarde : actos del Día de la Ciudad y encuentro con la Asociación Cultural Sanmartiniana de San Luis.


En Villa Mercedes (San Luis):
26 de agosto a las 10: exposición a los alumnos de la Escuela Normal de Villa Mercedes sobre San Martín y Boulogne-sur-mer
26 de agosto, a las 19, charla sobre doña Mercedes de San Martín y la familia Balcarce en Europa, Salón Azul de la Municipalidad de Villa Mercedes, con la participación de la Junta de Historia de la Ciudad.
Organiza la Alianza Francesa de Villa Mercedes que tiene una página Facebook.

Charlas para escuchar en linea (en castellano)
Notas radiales para escuchar en linea (castellano también)

El 1 de septiembre, en Buenos Aires.
Ese jueves, se abrirá el segundo Congreso de Tango de la Academia Nacional del Tango, en su sede, avenida de Mayo 833. Participaré de la inauguración con las autoridades a las 12:30 y de la feria del libro, con Barrio de Tango, recueil bilingue de tangosargentins, que publiqué en el 2010 en París en Editions du Jasmin. El Congreso de Tango se celebra a lo largo de tres días, del 1 al 3 de septiembre.

Este programa puede cambiar y se va desarrollandos. Les aconsejo a mis lectores cuyanos consultar la documentación brindada por la Alianza Francesa de su ciudad y volver a consultar esta nota de vez en cuando para quedarse al tanto de los cambios.

* * *

Cette année, mon programme de conférences en Argentine n'est pas encore complet au moment où je m'apprête à m'envoler vers l'hémisphère sud.

Il se compose essentiellement cette année d'une belle tournée dans le pays de Cuyo, à l'ouest du pays, coordonnée par Isabelle Gruet, la directrice de l'Alliance Française de Mendoza.

Après quelques jours très chargés à Buenos Aires, avec plusieurs rencontres très importantes avec des personnalités exceptionnelles, et une journée dans un groupe scolaire privé dans la banlieue sud, à Claypole, je prendrai la route des Andes.

San Juan
13 août, rencontre avec l'équipe d'organisation de la Fête du Soleil, le grand festival provincial d'été qui aura pour thème l'année prochaine la Traversée des Andes dont ce sera le bicentenaire.
15 août, à 18h, ce sera une conférence dans un lieu historique, le couvent dominicain dans lequel j'arrêtais San Martín lorsqu'il venait à San Juan (sa cellule se visite). J'y parlerai beaucoup du grand homme local, Domingo Faustino Sarmiento... Mais aussi de doña Mercedes de San Martín, la fille du général, dont le 24 août marquera les deux cents ans de la naissance.

Mendoza
16 août : soirée artistique en hommage à San Martín de mon ami l'auteur compositeur interprète Omar Hernández. Remise de la distinction Vigilia Sanmartiniana pour mon travail de promotion de la figure du héros national argentin à travers mes livres et mes conférences. Sera également distingué Daniel Agüero, dernier timonier du croiseur Belgrano, coulé par la Royal Navy pendant la guerre des Malouines en 1982.
17 août dans la matinée, je ferai un exposé sur San Martin à Boulogne-sur-Mer aux élèves du Colegio San Andrés puis participerai comme invitée à la cérémonie patriotique du jour. Le Colegio San Andrés est une école primaire et secondaire privée associée à l'Alliance Française locale. Ce sera la fête de San Martín et tous les enfants de toutes les écoles en Argentine marquent ce jour par une cérémonie à la fois solennelle et festive, avec petit spectacle où ils rejouent l'histoire, en costume de fortune.
A 19h30 : conférence à la Bibliothèque publique General San Martín, fondée par son ami et successeur au gouvernorat Godoy Cruz. La conférence portera sur la vie de Mercedes de San Martín et sa famille dans cette Europe de la Monarchie de Juillet, du Second Empire et de la Grande-Bretagne victorienne où elle a évolué avec le dynamisme hérité de son père...

San Rafael
22 août, à 18h30, conférence sur Mercedes et sa famille, à la Faculté des Sciences appliquées à l'Industrie de l'Université Nationale de Cuyo, Laprida 57. Cette conférence est organisée par l'Alliance Française de San Rafael.
Le lendemain, une autre conférence dont le thème et la salle restent encore à définir. C'est très compliqué !

San Luis
24 août, à 11h, il est prévu une conférence de presse, organisée par la Province, à l'occasion de la fête provinciale, la Saint-Louis, le 25 août.
A 16h, conférence sur la tradition du conte oral dans la salle Berta Elena Vidal de Battini, organisée par l'Alliance Française de San Luis.
Le lendemain, différentes activités liées aux festivités.

Villa Mercedes
26 août au matin, exposé à la Escuela Normal autour de San Martin et Boulogne-sur-Mer et l'après-midi, conférence tout public sur San Martin.

Le 1er septembre, il est prévu que je participe à l'inauguration du Congrès de Tango de l'Academia Nacional del Tango au Palacio Carlos Gardel, avenida de Mayo 833, à Buenos Aires à midi.

D'autres manifestations pourraient bien venir enrichir ce programme, dans l'improvisation qui est le propre des Argentins. Et ils sont très forts dans ce domaine parce que ça marche, à notre plus grand étonnement !

lundi 1 août 2016

Alberto Castillo à l'honneur ce soir [à l'affiche]

Ce soir, lundi 1er août 2016, à 19h30, la Academia Nacional del Tango rend hommage au chanteur Alberto Castillo et à sa trajectoire admirable. Une voix hors norme et un art hétérodoxe s'il en fut ! Alberto Castillo a été l'un des très grands solistes des années d'or, les décennies 40 et 50, après une carrière de gynécologue, vite abandonnée au profit de la musique.

De lui, on dit souvent qu'il était le chanteur préféré de Aníbal Troilo.

Entrée libre et gratuite, comme d'habitude au Plenario, au premier étage du Palacio Carlos Gardel, avenida de Mayo 833.

Son petit-fils, le musicien Juan Pablo De Lucca, sera là ce soir pour évoquer la figure de son grand-père.

En tango rituel, on écoutera sa voix dans Ninguna, de Fernando Sirio et Homero Manzi...

samedi 30 juillet 2016

Une présentation en beauté à la Esquina Homero Manzi [à l'affiche]

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C'est dans un très beau cadre et avec une belle brochette d'artistes que se fera cet après-midi, samedi 30 juillet 2016 à 16h30, la présentation Frutos Rojos, Tangos cosecha 2015 (Fruits rouges, tangos récolte 2015), un disque de tangos tout nouveaux dus à la plume de deux paroliers qui entrent dans la carrière.

L'album est parrainée par la Academia Nacional del Tango.

Alors, rendez-vous esquina San Juan y Boedo, pour écouter cette collection de belles voix d'hommes et de femmes pour le tango d'aujourd'hui.

mercredi 27 juillet 2016

Le Marchetti Club ce soir au Torquato [à l'affiche]


Une soirée très particulière ce soir, mercredi 27 juillet 2016, à 22h au Centro Cultural Torquato Tasso, la tanguería de San Telmo, Defensa 1575, avec le chanteur Cucuza et le Conjunto Falopa, que mes lecteurs connaissent déjà, au moins les lecteurs assidus...

L'animateur radio Pedro Saborido fait lui aussi partie du programme !

Entrée : 170 $ ARG avec réservation par téléphone, ou 200 $ à la caisse ce soir même (ouverture des portes à 20h45, pour le dîner, sur une carte traditionnelle de cuisine familiale à prix correct).

A lire la présentation faite par la salle, voilà qui promet une belle soirée, qui vaut largement son prix d'entrée !

lundi 25 juillet 2016

Un Yo quiero al Tango pour les petits [à l'affiche]


En ce moment, Buenos Aires est en vacances scolaires d'hiver, jusqu'à la fin du mois.

Ce soir, lundi 25 juillet 2016, à 16h, la Academia Nacional del Tango invite les familles à une après-midi tango pour les enfants, grâce notamment à Graciela Pesce, auteur d'un remarquable travail de création d'un répertoire de tangos accessibles aux enfants. C'est charmant, drôle et pas bêtifiant pour deux sous.

Entrée libre et gratuite.
Avenida de Mayo 833, 1er étage.

Comme toujours avec ce collectif, le tango est présenté dans toutes ses dimensions : danse, chanson, musique, poésie, etc.

Une des plus vieilles librairies du monde est à Buenos Aires [Disques & Livres]


Ce matin, Página/12 propose une interview de Miguel Avila qui a rendu la vie à la plus ancienne librairie de Buenos Aires, qui fut aussi la toute première fondée dans la ville (en 1784), peu de temps après son élévation au rang de capitale vice-royale du Río de la Plata (1776).

La librairie, qui fait le bonheur des gros lecteurs au rez-de-chaussée et celui des chineurs au sous-sol, est l'une des plus intéressantes de Buenos Aires, et elle est idéalement située face au Colegio Nacional. De part et d'autre de la rue Bolívar, vous avez ainsi d'un côté la librairie et de l'autre la Manzana de las Luces. Un rare plaisir pour les passionnés d'histoire...

La librairie serait la plus ancienne au monde pour ce qui est des établissements toujours actifs et elle a l'avantage d'avoir conservé son adresse, même si, bien entendu, la toponymie a changé depuis sa fondation.

Pour aller plus loin :

Estela de Carlotto prend ses distances avec le passé [Actu]


Hier à l'heure du déjeuner, Estela de Carlotto a participé à l'émission très people de Mirtha Legrand, une des vedettes télévisuelles emblématiques de la droite. La présidente de Abuelas de Plaza de Mayo a longtemps refusé ne serait-ce que d'envisager de participer à cette émission. Sa présence hier à cette célèbre table est donc le signe non négligeable d'une rectification de la part d'une personnalité qui se situe clairement dans l'opposition depuis le 10 décembre, jour de l'accession au pouvoir de Mauricio Macri, une opposition démocratique, prête au dialogue mais sans ambiguïté pour autant.

Au cours du déjeuner qui est le prétexte à l'entretien au cœur du programme, Estela de Carlotto a dit ne pas être une amie de Cristina Kirchner et de n'avoir pas été la "chouchoute" du gouvernement précédent. En revanche, elle a désigné Hebe de Bonafini pour ce rôle, ce qui chez elle ne peut pas êre interprété autrement que comme un signe de désolidarisation politique (au sens partisan du terme). La rupture est en effet consommée entre Carlotto et Bonafini, depuis que celle-ci se comporte en adversaire de la démocratie puisqu'elle s'entête à nier la légitimité des résultats de l'élection présidentielle pour la seule raison qu'elle considère Macri comme son "ennemi".

En tenant ces propos dimanche midi, Estela de Carlotto confirme donc son adhésion aux processus démocratiques, y compris lorsqu'ils provoquent une alternance, et prend sans doute ses distances avec la mouvance kirchneriste dont les cas de corruption avérée sont maintenant nombreux, particulièrement graves et grossiers et à très haut niveau de responsabilité institutionnelle (même si rien n'a encore été prouvé contre Cristina elle-même, qui est pourtant dans le collimateur de la justice depuis décembre, et on pourrait remonter plus haut sans qu'aucune preuve n'ait jamais été produite). Estela de Carlotto s'est efforcée de ne pas mentir, elle a fait une distinction sémantique entre être ami (amigo/a) et être en relation (tratar), affirmant sans doute avec raison que ses nombreux rendez-vous avec la Présidente ne faisaient pas une amitié (mais une coopération opérationnelle).

En cela, il n'est pas impossible qu'elle protège aussi son association, puisque la cause qu'elle sert a été notoirement atteinte par la proximité de ces ONG avec le pouvoir de Cristina Kirchner, qui les a fait passer pour des larbins du gouvernement, à la remorque duquel plusieurs de leurs activités étaient attachés (une grosse partie du financement des propositions culturelles était de l'argent public).

Sur cette émission qui marque une étape, on trouve un article dans La Prensa et La Nación, deux journaux de la majorité.

Ajout du 27 juillet 2016 :
lire cet article de Página/12 sur le rapport du procureur spécial sur les crimes de la dictature qui souligne une décélération des audiences de jugement depuis l'arrivée au pouvoir de Mauricio Macri (il est effectif qu'une partie de la population,et cela se reflète dans tous les corps constitués y compris la magistrature, n'est pas favorable à la tenue de ces procès et pense que l'oubli est préférable, ce que l'expérience historique infirme pourtant très nettement).

jeudi 21 juillet 2016

Samedi, les Castiello père et fils présentent leur prochain disque [à l'affiche]


Samedi 23 juillet 2016, à 22h, au café El Alambique, de Villa Pueyrredón, le chanteur bien connu de mes lecteurs Cucuza Castiello et son fils, le guitariste Mateo Castiello, donneront un avant-goût du disque qu'ils doivent bientôt sortir ensemble, leur premier ensemble...

A ne pas manquer. Il est fortement recommandé de réserver.

Quand Página/12 détourne les éléments de langage du Gouvernement – Article n° 5000 [Actu]

Adam : Pourquoi tu as mis ça ?
Eve : Dieu a dit que si tu es tout nu, tu dépenses trop en chauffage
(Traduction © Denise Anne Clavilier)
Comme je suis censée être en vacances, je vous la fais courte :
voyez-vous même les textes dans la bande saumonée du bas.
Elle vaut son pesant d'encre...

Toutes les semaines, Página/12 sort un supplément humoristique en général très drôle pour qui connaît l'actualité politique de la semaine, dans un esprit délibérément frondeur et méchamment satirique, Sátira, qui n'est pas sans nous rappeler l'humour féroce du Canard Enchaîné.


La mort de Juan Bautista Cabral au soir du combat de San Lorenzo, le 3 février 1813
Cabral s'adresse à San Martín qui le soutient sur son lit de douleur
'Je meurs heureux, car nous avons remis l'ennemi à zéro"
(Traduction © Denise Anne Clavilier)
La phrase de Cabral mourant était : "Je meurs content car nous avons vaincu l'ennemi"
On représente traditionnellement Cabral en vieux grognard de Napoléon, d'où l'épaisse moustache.
Cabral était en fait un tout jeune soldat d'environ 20 ans dont le baptême du feu fut aussi le dernier jour de sa vie.

Après un numéro consacré au bicentenaire de l'Indépendance, le quotidien a choisi le 16 juillet de s'en prendre aux éléments de langage qu'on retrouve dans la bouche du Président, de la Vice-Présidente et de tous les ministres :
"les décisions de subventionner la distribution d'énergie et les transports nous ont coûté, nous ne les avons pas prises de gaîté de cœur, ça non ! mais il fallait le faire, nous n'avions pas le choix",
"les Argentins doivent faire des économies d'énergie, le futur de la Planète est en jeu, arrêtons le gaspillage" (ce n'est pas faux),
"il faut établir le juste prix dans les questions économiques" ou "on remet les compteurs à zéro dans toute l'économie"
"au second semestre, l'économie va redémarrer et l'inflation sera jugulée"
"il faut autoriser les augmentations" (la Justice a été saisie dans de nombreuses provinces pour mettre un coup d'arrêt à l'augmentation des prix de l'électricité et du gaz dont les gens ont un besoin vital surtout en hiver).

Le Martín Fierro (cliquez sur l'image pour une meilleure résolution)
Le texte de la milonga pastiche les premiers sizains de l'épopée
Là aussi, je vous la fais courte, façon farniente
Ci-dessous, le premier sizain de l'œuvre authentique que vous comparerez avec le texte ci-dessus
A mourir de rire !

Aquí me pongo a cantar
al compás de la vigüela,
que al hombre que lo desvela
una pena estraordinaria,
como el ave solitaria,
con el cantar se consuela.
José Hernández

Voici que je me mets à chanter
au rythme de ma guitare *
car l'homme que tient éveillé
un extraordinaire chagrin
comme l'oiseau solitaire
se console en chantant
(Traduction © Denise Anne Clavilier)


Et toute la mythologie nationale passe dans ce numéro de samedi dernier, sous prétexte de "macriser" l'ensemble du discours, comme la majorité actuelle accuse le kirchnerisme d'avoir "kirchnerisé" ce même discours, ce que la majorité appelle le relato K (le récit K) : la Bible, les images d'Epinal de l'histoire, le Martín Fierro, la grande épopée gaucha qui est à l'Argentine ce que le Don Quichotte est à l'Espagne... Je me suis contentée de faire un choix.

L'histoire encore, mais celle de la guerre civile cette fois-ci.
La mort du gouverneur de Buenos Aires Manuel Dorrego, fusillé par Lavalle qui a pris sa place
L'officier : Monsieur Dorrego, le général Lavalle était très angoissé à l'idée de devoir vous faire fusiller
mais il nous a néanmoins priés de le faire quoi qu'il en coûte
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

Donc on prend l'image consacrée et on la renverse. Une sorte de démonstration par l'absurde, discutable sur le fond mais artistiquement très réussie, aussi bien pour ce qui est du choix des allusions, des jeux de mots, des reprises de mots historiques et du dessin. Ces artistes ont beaucoup de talent et une conviction militante à toute épreuve !

La religion encore !
Le légionnaire rose : Il va ressusciter ?
Le légionnaire vert : On dit que ce sera pour le second semestre.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

Pour voir la totalité de ce numéro de Sátira, cliquez sur ce lien.

Attention : le document cessera d'être en ligne dans la journée de dimanche prochain (date en Europe, décalage horaire oblige).

Grande soirée tango à la Manzana de las Luces demain [à l'affiche]


Chanteurs, musiciens et poètes se retrouveront demain sur la scène dans l'antique amphithéâtre de la Manzana de las Luces, là même où se réunirent les premières assemblées élues de l'Argentine révolutionnaire puis confédérale, demain, vendredi 22 juillet 2016 à 21h précises, pour une soirée gratuite avec chapeau (al funyi, dit le lunfardo).

Et en plus des artistes présentés sur l'affiche, on nous annonce des surprises !

La Manzana de las Luces (entendez "le carré des lumières") est un des hauts lieux du patrimoine historique de la capitale argentine. A l'origine, et c'est le pourquoi de ce nom, c'était la maison provinciale de la Compagnie de Jésus établie dans le sud de l'Amérique australe. Après l'expulsion des jésuites de l'Espagne, en 1767, le lieu accueillit plusieurs institutions dont un orphelinat avec son école d'un côté et conserva le collège que les jésuites y avaient fondé, le Colegio San Carlos (pour saint Charles Borromée), devenu aujourd'hui le Colegio Nacional de Buenos Aires, qui dépend de l'Université de Buenos Aires (UBA), qui y fut logée dans ses premières années à partir de 1821 et qui en fait aujourd'hui son centre culturel.

A visiter obligatoirement lorsque l'on est en voyage à Buenos Aires.

Ce soir et tout le week-end, María Graña et le Sexteto Mayor au Torquato [à l'affiche]


La chanteuse María Graña et le Sexteto Mayor se partagent la scène du Torquato Tasso, Defensa 1575, à San Telmo, ce soir, jeudi 21 juillet, ainsi que vendredi et samedi, avant de remettre la même chose à la fin de la semaine prochaine.

De belles soirées en perspective.